L'histoire de Route Mandarine
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Je m'appelle Tiphaine Chalaron, je suis la fondatrice de Route Mandarine.
Je fête avec mon équipe une étape importante de la vie de notre atelier : Les 15 ans de notre entreprise ! Pour marquer cette occasion, j'ai éprouvé le besoin de revenir à l'origine de ce beau projet et de vous raconter, à travers de magnifiques illustrations, ses grands chapitres.
Chapître 1 : La découverte d'une passion

Je suis représentée sur cette illustration avec mes trois enfants : Pierre-Antoine, Aziliz et Benoît. Nous avons la chance de vivre en pleine nature, à Porspoder, en Bretagne.
Avant d’être maman, j’étais étudiante sage-femme à la faculté de médecine de Brest. J’utilisais des gels douche de type « Tahiti Douche » ou « Ushuaïa Nature » : de jolis flacons colorés et des parfums exotiques et dépaysants. Souvenez-vous : il y a une vingtaine d’années, nous achetions nos cosmétiques les yeux fermés ; nous ne nous interrogions pas sur leur composition. Mais lorsque mes enfants sont nés, je n’ai instinctivement pas voulu utiliser de produits industriels sur leur peau fragile.
Nous sommes en 2006 et je découvre, dans un livre, une recette de savon maison. Je ne savais pas du tout comment on fabriquait du savon. Cela m’interpelle et je cherche à en savoir plus sur cette technique de saponification à froid. Je pars dans le Béarn suivre un stage de fabrication chez Léanne Chevalier, toute première savonnière à froid installée en France. Léanne est d’origine canadienne, et dans ce pays, le savon maison est resté courant.
Au cours de ce week-end, je mets « le petit doigt dans la marmite », et la passion ne me quittera plus. L’enthousiasme de Léanne et la qualité du produit finissent de me convaincre que ce type de savon sera parfait pour ma famille. Cette découverte répond à plusieurs de mes attentes : des produits de toilette sains et naturels, meilleurs pour la peau mais aussi pour la nature.
De retour en Bretagne, inspirée par les recettes de Léanne, je prends plaisir à créer et tester mes propres compositions. À cette époque, trouver des huiles végétales bio relevait du défi : les magasins bio étaient peu réceptifs et les pharmaciens moqueurs. Tout cela ne m’a donné que plus envie de poursuivre mes recherches.
Au Noël qui a suivi, toute la famille a bien sûr reçu son savon. Je n’imaginais pas, à ce moment-là, qu’ils seraient aussi enthousiastes. Je réalise alors que le savon à froid, plus doux et plus naturel, répond à un vrai besoin. Ce sont mes premiers pas vers la Route Mandarine…
Chapître 2 : Quand le rêve devient réalité

En 2010, lors d’un beau voyage sur l’île de La Réunion, j’ai la chance de séjourner dans un hôtel de charme à Saint-Leu, bercé par la douceur de l’océan et la chaleur des alizés.
Lorsque j’entre dans la chambre, je découvre une multitude d’attentions délicates : des présents de producteurs locaux, soigneusement disposés, comme une invitation à explorer l’âme artisanale de l’île. Et dans la salle de bain, je remarque immédiatement un si joli savon saponifié à froid, délicatement parfumé à l’huile essentielle de vétiver local.
Il est raffiné, marqué d’un poinçon discret, presque précieux. Son parfum, profond et singulier, raconte une terre, une histoire. À cet instant, une évidence s’impose : le savon peut être bien plus qu’un simple geste du quotidien. Il peut devenir un véritable voyage sensoriel.
Ce qui n’était qu’une intuition, qu’une passion, devient alors un véritable projet professionnel : devenir artisan savonnière pour faire découvrir, dans ma région, la Bretagne, toutes les qualités du savon à froid.
Je décide de suivre une formation professionnalisante à l’Université Européenne des Senteurs et des Saveurs, à Forcalquier, où j’acquiers les bases techniques et législatives d’un savoir-faire passionnant mais exigeant.
Je m’entoure de regards experts, notamment celui de Claude Lucas, pharmacien toxicologue de l’Institut Hysope, qui m’accompagne avec patience et bienveillance à chaque étape de la création, et encore aujourd’hui !
Pour passer d’une fabrication familiale à une production artisanale et professionnelle, il me faut un lieu dédié à la fabrication. Mes enfants sont encore jeunes, mais j’ai la chance de trouver une petite maison de granit, nichée en pleine nature, au cœur du village de Porspoder, à deux pas de notre maison familiale. C’est là, entre terre et mer, que j’installe mon laboratoire. Un lieu confidentiel et paisible, auquel on accède en passant sous une arche parfumée de roses.
Afin de sélectionner mes fournisseurs, choisir de belles matières premières et réaliser mes premiers essais — ceux qui donneront naissance à la gamme « Invitation au voyage » — je dépose les statuts de mon entreprise. Nous sommes le 1er avril 2011 : « Route Mandarine », première savonnerie à froid du Finistère, voit le jour.
Pendant près d’un an, je travaille à l’élaboration des 15 savons de la gamme. Cela n’a pas été seulement une période de rêverie et de contemplation, comme le suggère notre belle illustration, mais une période intense, faite d’essais et d’ajustements : couleurs, textures, parfums… Je souhaite que chacun soit unique, qu’il raconte une histoire — un voyage vécu ou rêvé.
Décider qu’une formule est aboutie reste sans doute l’étape la plus délicate. J’ai souvent le sentiment que je pourrais encore améliorer, affiner, prolonger la création…
Ce sont mes premiers clients professionnels, Marc et Jean, qui m’encouragent à franchir le pas. Ils me proposent de lancer mes savons dans leur boutique de Porspoder, « Les Cintrés », à l’occasion de la Saint-Valentin 2012.
En parallèle, je collabore avec Nathalie Cailleux, graphiste brestoise indépendante, dont la sensibilité et le talent donnent naissance aux étiquettes qui habillent et racontent l’univers de chaque savon. J’ai toujours pensé que le soin apporté à l’emballage reflète l’amour de l’artisan pour son travail.
Le moment arrive. J’ai le trac : mes premiers savons partent à la rencontre du public. Ils sont tels que je les souhaitais : ils ne fondent pas trop vite, la mousse est équilibrée, le parfum dure jusqu’au bout. Et surtout, j’ai réussi à créer des parfums très variés pour que chacun trouve celui qui lui convient.
J’ai hâte de découvrir si mes petits savons ronds sauront séduire, et trouver leur place dans vos salles de bain…
Chapître 3 : Une route, des rencontres.
Nous sommes en 2013. Après les premières ventes à la boutique des Cintrés, des personnes sensibles à mon univers choisissent d’ouvrir les portes de leurs boutiques à ma production. Peu à peu, elles deviennent bien plus que des clientes ou des revendeuses : elles deviennent des soutiens précieux, de véritables ambassadrices de cette aventure naissante.
Remerciements :
- Marie-Eve de L'oeil de Biche à Pont l'Abbé,
- Isabelle chez Roi de Bretagne à Brest,
- Armelle des Fleurs du Vent à Plouarzel,
- Emilie de Lili-Pont à Daoulas,
- Joëlle de L’Ilette au Conquet,
- Armelle de Tôt ou Tard à Brest
- et Caroline de Sentier Côtier à Concarneau,
- Anne-sophie de Ti pierig,
- Miléna de Bijoux La Fille du Vent,
- Maïlys de Clara Lily Brest,
- Hélène et Ronan de Madame 100 Chaises et Mr Gomez,
- Amélie de c’est bon pour c’que t’as,
- Virginie de Les fil-feuilles,
- Cécile de Mouton cerise,
- Clémentine Manuel,
- Morwenna de Arrose ton mouton,
- et Shantala de Maison sauvage.