Comment sont créés les parfums chez Route Mandarine : le savoir-faire derrière nos parfums
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« Ça sent bon ici, c'est quoi ce parfum ? » C'est LA question qu'on nous pose, en boutique, à l'atelier, ou même à l'ouverture d'un colis Route Mandarine.
Cette signature olfactive qui flotte dans nos savons, soins et bougies, c'est la patte de Tiphaine Chalaron, créatrice de Route Mandarine. Entre méthode et passion, elle compose des parfums sains et évocateurs, pensés pour donner envie de découvrir chaque produit.

Route Mandarine est une savonnerie artisanale bretonne fondée par Tiphaine Chalaron. Tous les parfums de ses savons surgras, bougies et soins sont composés en interne, à partir d'huiles essentielles biologiques soigneusement sélectionnées, complétées de matières de synthèse produites à Grasse choisies pour leur innocuité. Tiphaine s'est formée à l'école ASFO de Grasse et en aromachologie.
Une seconde passion, née en parallèle de la saponification
Chez Route Mandarine, on parle beaucoup de savon à froid, de cosmétique naturelle, de formulation. Ce qu'on raconte moins souvent, c'est que Tiphaine, notre fondatrice, cultive depuis longtemps une autre passion : celle du parfum.
Tout est parti d'une envie simple : décrire une ambiance, un lieu. En développant sa première gamme de savons, Tiphaine sélectionne une palette d'huiles essentielles bio, puis imagine des synergies en fonction des endroits qui l'inspirent.
Sa première création marquante ? Ciel d'orage sur Ouessant. Pas une odeur qu'on cherche à copier, mais une île de caractère qu'on cherche à raconter. Un parfum unique, qui ne ressemble à aucun autre.
Pourquoi composer un parfum de savon est différent
Composer un parfum pour un savon, ce n'est pas composer un parfum pour la peau. Tiphaine le découvre vite, avec son lot de frustrations :
- Un beau mélange sur le papier peut décevoir une fois plongé dans la pâte à savon
- Certaines huiles essentielles s'éteignent au contact du savon
- D'autres accélèrent la saponification et deviennent inutilisables
- Contrairement à un parfum de corps, un parfum de savon doit rester "dans les grandes lignes" pour bien s'exprimer.
Un exercice plus brut, plus direct. Elle qui ne pensait pas, au départ, faire des parfums en lançant sa gamme de savons, a vite compris une chose : la saponification à froid était encore peu connue du grand public, et le réflexe naturel de tout le monde face à un savon, c'est de le sentir avant de l'inviter sous la douche. Le parfum est alors devenu une évidence : une porte d'entrée pour attirer, séduire, donner envie de découvrir ce savoir-faire.
Une sensibilité qui vient de loin : l'enfance à Tahiti

Cette sensibilité aux odeurs, Tiphaine ne l'a pas découverte sur le tard. Elle l'a dans les veines depuis l'enfance, passée à Tahiti.
Là-bas, l'humidité et la chaleur exacerbent chaque parfum, en particulier ceux des fleurs : tiaré, frangipanier, ylang-ylang, monoï, vanille : tout un vocabulaire olfactif solaire qu'on retrouve aujourd'hui dans des savons comme Tahiti For Ever, jasmin, ylang-ylang et bergamote.
Mais s'il y a bien une odeur qui l'a marquée durablement, "sa madeleine de Proust" ce n'est pas une fleur : c'est celle du coprah, cette chair de coco que l'on fait sécher au soleil avant d'en extraire l'huile. Un parfum singulier, un peu inattendu, qu'elle adore encore aujourd'hui.
Adolescente, elle collectionnait déjà les échantillons de parfum, les miniatures, un plaisir discret, presque secret, sans penser une seconde à en faire un métier. Ce monde-là lui semblait inaccessible.
Il a fallu des rencontres, des mains tendues, pour que l'idée germe vraiment. Et puis un déclic, venu bien plus tard : à travers les compliments de ses clientes, Tiphaine a réalisé que les gens ne revenaient pas seulement pour la qualité de ses savons, mais aussi, et parfois surtout, pour leur parfum.
Certains reviennent précisément pour une senteur qu'ils aiment plus qu'une autre. C'est là qu'elle a compris le pouvoir des matières premières odorantes: plonger les gens dans un univers, susciter une émotion, leur raconter des histoires à travers une synergie? Autodidacte, cette envie d'en découvrir plus, de progresser dans cet exercice ne l'a plus quittée.
Le passage par Grasse, capitale mondiale du parfum
Pour transformer cette sensibilité en savoir-faire technique, Tiphaine a poussé la porte de Grasse, berceau historique de la parfumerie française. Un monde qu'elle décrit elle-même comme longtemps resté « secret ».
Notes de tête, de cœur, de fond : une approche académique
Orgue de parfumeur lors d'une visite d'atelier de parfumerie
Printemps 2024 : Première formation à distance, à l'école ASFO Grasse (niveau 1), avec pour formatrice Rosalie Moulet, nez professionnel. Une formation suivie en parallèle de la savonnerie, qu'il n'était pas question de mettre entre parenthèses. Elle y découvre des matières premières complètement nouvelles, et surtout une nouvelle façon de les appréhender et de les décrire : notes de tête, de cœur, de fond, matières premières naturelles, matières premières de synthèse, une approche technique bien plus poussée que son intuition de départ.
Septembre 2024 : Formation en présentiel à Grasse, niveau 2, toujours à l'ASFO Grasse, avec les deux parfumeurs Rosalie Moulet et Jordan Sarica. Une dizaine de jours d'immersion totale et passionnante dans la ville, avec la visite de grandes maisons et de grands fournisseurs. L'occasion de rencontrer d'autres passionnés, et d'aller encore plus loin dans la découverte des matières premières et dans la technique de formulation.
L'aromachologie : composer des parfums pour le bien-être
Une troisième formation, en 2026, avec Anne-Lise Perrin, parfumeuse et formatrice fait le lien entre son travail de compositions avec des huiles essentielles bio pour Route Mandarine et cet apprentissage technique : la formulation de parfums de bien-être, en aromachologie. Une formation particulièrement inspirante, qui resserre sa palette vers des matières premières capables d'avoir un impact positif sur le bien-être des gens. Tiphaine est claire sur ce point : elle ne cherche pas à soigner. L'objectif n'a jamais été thérapeutique, mais d'apporter du bon, du bien-être, dans l'univers choisi.
Plutôt que de partir de parfums déjà composés, Tiphaine a fait un autre choix : à partir des matières brutes pour créer elle-même, et mettre davantage d'elle dans chaque création. Un travail de mémorisation permanent, distinguer par exemple les différences entre menthe poivrée et menthe verte, trouver les points communs entre lavande et bergamote et , savoir ce que chaque matière première peut apporter (fraîcheur, chaleur, profondeur, sillage) pour la solliciter au bon moment. Un peu de ci, un peu de ça. On se trompe, on recommence. La parfumerie est un long travail d'apprentissage et d'expériences.
C'est aussi grâce à cette formation que d'autres portes se sont ouvertes : celles des fournisseurs sérieux, qui s'adressent plus facilement à ceux qui maîtrisent leur vocabulaire et démontrent leur exigence.

Sa méthode : entre instinct et savoir-faire technique
Naturel et synthétique : un faux débat ?
La philosophie reste la même que pour les savons : travailler un maximum de matières naturelles et biologiques. Mais Tiphaine s'est vite heurtée à une limite : la palette des huiles essentielles bio, aussi riche soit-elle, ne permet pas de tout reproduire. Certaines matières premières ne se distillent tout simplement pas. Pour la rose du savon Fleur de Geisha, la violette ou le melon (qu'on retrouve dans Sous le Soleil Exactement) il a donc fallu aller chercher des accords chez des parfumeurs, en complément des huiles essentielles et arômes naturels.
Autre découverte du parcours à Grasse : certaines huiles essentielles contiennent des substances CMR (cancérogènes, mutagènes, reprotoxiques), incompatibles avec l'exigence de sain que porte la marque, quand certains parfums synthétiques, eux, en sont exempts. C'est en composant sa gamme de bougies et de parfums d'intérieur que Tiphaine s'est ouverte aux matières synthétiques : plus stables, moins volatiles, elles élargissent la palette créative tout en garantissant la sécurité des formules. D'ailleurs, l'histoire de la parfumerie elle-même le prouve : le N°5 de Chanel, sorti en 1921 et premier grand succès du genre, doit beaucoup à un mariage sophistiqué entre belles matières naturelles et molécules de synthèse (les fameux aldéhydes) qui n'existaient pas dans la nature et ont ouvert un champ de possibles inédit.
Aujourd'hui, la méthode de Tiphaine tient dans cet équilibre : partir des huiles essentielles bio et arômes naturels autant que possible, les compléter par des matières de synthèse choisies avec la même exigence, pour composer des parfums à la fois sains et pleinement créatifs.
Le parfum, porte d'entrée vers chaque savon
Derrière chaque produit Route Mandarine, il y a un endroit rêvé, une ambiance, une émotion. Le parfum n'est pas une finition, c'est le point de départ de chaque création. C'est lui qui raconte l'histoire avant même qu'on lise l'étiquette.
Si vous êtes curieux de découvrir cette signature olfactive dans votre quotidien, explorez la gamme de savons naturels Route Mandarine, chaque parfum est une invitation au voyage.